D'ici 2012, les banques occidentales devront trouver 120 milliards de fonds propres supplémentaires

20-06-2011

C'est une évidence : le nouveau cadre réglementaire imposé par Bâle III va exiger des banques davantage de capitaux et de liquidités pour le même niveau d'activité. Afin de tenir les objectifs de croissance qu'ils se sont fixés, les trente premiers établissements bancaires européens et les vingt plus grands acteurs américains devront trouver, d'ici à 2012, un total de 120 milliards d'euros de capitaux, selon une étude du cabinet de conseil Bain & Company. Celui-ci estime en outre qu'en matière de dépôts stables de long terme, les besoins évoluent entre 700 et 800 milliards d'euros supplémentaires. Bain & Company conclut à une chute de la rentabilité des banques de 25 % en moyenne. A moins qu'elles modifient le modèle économique de leurs métiers. Tour d'horizon des évolutions attendues.

Banque de détail

Ce métier a beau être relativement épargné, le nouveau cadre réglementaire va lui imposer un changement culturel important. « Au lieu de conquérir les clients en leur vendant d'abord un crédit, les banques délivreront des financements de façon plus sélective en privilégiant ceux dont elles ont déjà capté les dépôts ou qui ont un fort potentiel futur », avance Ada Di Marzo. Cette approche inversée devrait entraîner un recul de la multibancarisation. Les clients dont l'essentiel de l'épargne leur échappe devraient supporter des conditions tarifaires rédhibitoires.

Dans la même logique, à l'étranger, il ne sera plus question de développer des activités de crédit spécialisé pour approcher progressivement un pays. « Les banques développeront leur portefeuille de crédit au fil de l'accroissement de leurs dépôts », conclut Ada Di Marzo.

Banque privée

Délaissé par le passé, ce métier devrait conserver une rentabilité stable, car son ratio de crédits rapportés aux dépôts évolue entre 30 % et 40 %. « La gestion privée est donc un moteur de liquidité et c'est la raison pour laquelle les grands acteurs veulent développer leurs positions en Asie, où le potentiel d'épargne reste significatif », souligne Ada Di Marzo.

Les exigences réglementaires imposent toutefois là encore une évolution majeure. Ce métier, qui vendait essentiellement des produits hors bilan, comme les sicav monétaires très rentables, va en effet devoir développer des produits moins rentables mais susceptibles d'être comptabilisés comme des dépôts pour les banques. « Pour compenser cette baisse de rentabilité, les acteurs vont devoir développer des produits plus sophistiqués, à forte valeur ajoutée, tout en réduisant leurs coûts », conclut Ada Di Marzo.

Banque de financement et d'investissement

C'est l'activité dont la rentabilité des fonds propres est la plus affectée, en témoigne la chute estimée par Bain de 24 % avant crise à 10 % sous Bâle III pour les banques dont c'est le seul métier. Afin de limiter la baisse, les acteurs bancaires vont se concentrer sur les métiers de conseil à plus haute valeur ajoutée, comme les fusions-acquisitions et les émissions de dette, qui, contrairement aux activités de marché, ne pèsent pas sur les bilans tout en dégageant des commissions. Seuls les acteurs ayant une position concurrentielle forte sur les activités de marchés comme les dérivés seront capables de dégager une rentabilité intéressante.

NINON RENAUD

C'est une évidence : le nouveau cadre réglementaire imposé par Bâle III va exiger des banques plus de capitaux et de liquidités pour le même niveau d'activité. Afin de tenir les objectifs de croissance qu'ils se sont fixés, les trente premiers établissements bancaires européens et les vingt plus grands acteurs américains devront trouver d'ici 2012 un total de 120 milliards d'euros de capitaux, révèle une étude du cabinet de conseil Bain & Company. Celui-ci estime qu'en matière de dépôts stables de long terme, les besoins évoluent entre 700 et 800 milliards d'euros supplémentaires. Bain & Company conclut à une chute de la rentabilité des banques de 25 % en moyenne. A moins qu'elles ne fassent évoluer le modèle économique de leurs métiers. Tour d'horizon des évolutions attendues.

Banque de financement et d'investissement (BFI)

C'est l'activité dont la rentabilité est la plus affectée, en témoigne la chute estimée par Bain & Company, de 24 % avant crise à 10 % une fois appliquée Bâle III pour les banques dont c'est le seul métier. Pour limiter la baisse de leur rentabilité, les acteurs bancaires vont se concentrer sur les métiers de conseil à plus haute valeur ajoutée comme les fusions-acquisitions et l'émission de dette qui, contrairement aux activités de marché, ne pèsent pas sur les bilans bancaires tout en dégageant des commissions. Signe des temps, « certaines grandes banques comme Citigroup ou Goldman Sachs se sont déjà séparées de leurs activités pour compte propre », souligne Ada di Marzo, associée chez Bain & Company.

Banque de détail

Ce métier a beau être relativement épargné, le nouvel environnement réglementaire va lui imposer un changement culturel important. « Au lieu de conquérir les clients en leur vendant d'abord un crédit, les banques ne délivreront des financements qu'à ceux dont elles auront déjà capté les dépôts », souligne Ada di Marzo. Cette approche inversée devrait entraîner un recul de la multi-bancarisation. Les clients dont l'essentiel de l'épargne leur échappe devraient en effet se voir imposer des conditions tarifaires rédhibitoires.

Dans la même logique, à l'étranger, il ne sera plus question de développer des activités de crédit spécialisé pour approcher progressivement un pays. « Les banques développeront leur portefeuille de crédit au fil de l'accroissement de leurs dépôts », conclut Ada di Marzo. 

Banque privée

Délaissé par le passé, ce métier devrait conserver une rentabilité stable dans la mesure où son ration de crédits rapportés à aux dépôts évolue entre 30 % et 40 %. « La gestion privée est donc un moteur de liquidité et c'est la raison pour laquelle les grands acteurs veulent développer leurs positions en Asie où les dépôts sont plus nombreux », souligne Ada di Marzo.



Source : Les Echos.fr, 27/05/2011