HSBC porte à sa tête le patron de sa banque d'investissement

28-09-2010

Je ne me suis pas mis en quatre pour devenir président exécutif mais la réalité est qu'on ne m'a pas demandé », confesse Michael Geoghegan, le DG actuel du géant HSBC. Après quelques semaines de rivalités émaillées de fuites à la presse ayant perturbé le processus de renouvellement complet de la direction de la discrète HSBC, il a finalement été décidé que Stuart Gulliver, actuel patron de la banque d'investissement du groupe, serait promu au poste de numéro un opérationnel tandis que Douglas Flint, actuel directeur financier très réputé, remplacerait Stephen Green. Celui-ci vient d'annoncer sa démission après avoir été personnellement débauché par le Premier ministre, David Cameron, pour devenir ministre du Commerce.

Michael Geoghegan pourra toujours se consoler de ne pas accéder au poste de président exécutif comme l'avaient fait trois de ses prédécesseurs avec une rémunération de départ qui devrait au total atteindre au moins 20 millions de livres et en prenant en considération que cette position n'a plus la même valeur depuis environ un an chez HSBC. Alors que le président exécutif prenait les décisions stratégiques qui devaient être mises en musique par le DG, il sera désormais principalement celui qui «  dirige le conseil d'administration tandis que le DG gère la banque, une répartition familière dans d'autres établissements », a bien précisé Stephen Green vendredi soir.

Le nouveau duo représente la continuité pour la banque HSBC, estiment les analystes. La troisième banque mondiale en termes de valeur boursière devrait poursuivre sa stratégie de développement en Chine, en Inde et dans les autres pays émergents. Stuart Gulliver sera basé à Hong Kong, où Michael Geoghegan a déjà déplacé le poste de numéro un opérationnel de la banque. La banque d'investissement continuera à représenter 30 à 40 % de HSBC, a-t-il été précisé vendredi soir. Stuart Gulliver devra finir de remettre d'aplomb la filiale américaine et relancer les métiers de banque de détail, affectés par la baisse des taux.

Nomination « enthousiasmante »

Le nouvel homme fort de HSBC n'est pas connu du grand public. C'est peut-être grâce à sa discrétion que sa nomination n'a provoqué aucune vague outre-Manche. Pourtant, comme Bob Diamond, qui vient d'être nommé à la tête de Barclays sous le feu des critiques, Stuart Gulliver était le patron de la banque d'investissement, c'est-à-dire, pour les critiques, la « banque casino ». Ceux qui connaissent ce vétéran de trente ans de HSBC, qui a commencé sur les marchés de change, sont souvent enthousiastes. Un de ses rivaux interrogé par le « Financial Times » estime que sa nomination est « la plus enthousiasmante » depuis celle de James Dimon à la tête de JPMorgan Chase. Originaire de Plymouth dans le sud de l'Angleterre, ancien boxeur amateur, il a réussi à réduire à presque rien l'exposition de sa division aux banques de Wall Street avant la débâcle de Bear Stearns en mars 2008. Sa division a dégagé 20 milliards de dollars avant impôts pendant les trois ans de crise. On ne peut pas en dire autant de tous les métiers de HSBC même si celle-ci a réussi à se passer d'injections de capitaux publics.

Stuart Gulliver prendra ses fonctions en janvier avec un salaire de 1,25 million de livres. Sa rémunération totale sera très certainement inférieure aux 9 millions qu'il a touchés en 2009.

Source : Nicolas Madelaine, Les Echos, 27/09/2010