La Banque de France prévoit une progression à petits pas de l'activité

17-08-2010

Si l'approche de la mi-août est généralement synonyme de torpeur pour l'économie et de fermeture de nombreuses entreprises, l'activité est restée bien orientée en juillet, selon la dernière enquête de conjoncture de la Banque de France. « En juillet l'activité industrielle a progressé sur un rythme comparable à celui du mois précédent » tandis que, du côté des services, l'activité « a poursuivi sa progression, soutenue notamment par le travail temporaire ».

Une bonne nouvelle, donc, mais pas de quoi pavoiser cependant. Si l'économie est désormais bien orientée, elle est encore loin de progresser à un rythme soutenu. Et, selon les experts de la Banque de France, après avoir augmenté de 0,4 % au deuxième trimestre, le PIB enregistrerait une hausse de 0,3 % au troisième. Il s'agit d'une première estimation qui pourrait bien sûr être révisée par la suite. Mais, pour l'heure, la Banque de France reste moins optimiste que l'Insee. Si l'Institut de la statistique ne publie que ce vendredi ses premières estimations pour la croissance réalisée au deuxième trimestre, il avait avancé en juin, dans sa dernière note de conjoncture, une prévision de hausse du PIB de 0,5 % pour cette même période. Et évoqué une hausse de 0,4 % au troisième trimestre.

Les experts de la Banque de France se révèlent donc plus mesurés que leurs collègues de l'Insee. Ils dessinent le profil d'une croissance économique qui, si elle a définitivement tourné le dos à la récession de 2009, semble avoir atteint un palier cet été et ne progresserait qu'à petits pas dans les prochains mois.

Pause estivale

De fait, la lecture détaillée de l'enquête de conjoncture en juillet montre clairement que l'économie française semble marquer une pause estivale. L'indicateur du climat des affaires calculé chaque mois par la Banque de France est resté au même niveau en juin et en juillet dans l'industrie et a baissé de 1 point dans les services. Dans l'industrie, les carnets de commandes se sont « maintenus à un niveau proche de la normale » et, alors que les stocks de produits finis « sont restés stables, à un niveau conforme à la normale, les prévisions affichent une légère progression de la production à court terme ». Autant de données qui devraient permettre la poursuite de la lente remontée du taux d'utilisation des capacités de production. Au plus bas il y a tout juste un an (à un peu moins de 72 %), ce taux semble se stabiliser désormais au-dessus de 76 %.

Dans les services, les perspectives semblent un peu meilleures, et la Banque de France table sur « une accélération de l'activité pour les prochains mois » après, il est vrai, un passage à vide de quelques mois. 

 

Source : Les Echos, 10/08/2010

 
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