Le Crédit Mutuel-CIC affiche ses ambitions à l'international

20-06-2011

Le nouveau directeur général du Crédit Mutuel Centre Est Europe, Alain Fradin, a délivré un satisfecit aux quelques 6.700 salariés et élus, lors de la dernière assemblée générale de la banque mutualiste. Sur les cinq premiers mois de l'année, le groupe dont la caisse fédérale est commune à 10 fédérations sur 17, a vu son produit net bancaire croître de 6%, son coût du risque reculer de 40% et son bénéfice progresser de 35%. «L'appel que nous avions lancé voilà trois ans pour vous encourager à collecter davantage d'épargne dans le soucis d'améliorer nos liquidités et de réduire notre dépendance aux marchés a été entendu : en 2008, pour 171 euros de crédits nous avions 100 euros de dépôts, aujourd'hui le rapport est de 144 à 100», s'est félicité Alain Fradin. «Ce qui n'a pas empêché nos encours de crédit de croître de 43% en un peu plus de trois ans, alors que les encours d'épargne faisaient un bond de 66%. Reste qu'il faut encore faire mieux», a-t-il lancé à ses troupes.

Accélérer à l'international

En dépit des acquisitions récentes, le groupe mutualiste a reconstitué ses fonds propres qui atteignent pour le CM10-CIC 25,5 milliards d'euros, dont 19,4 milliards de fonds propres prudentiels, ce qui porte le ratio de solvabilité à près de 11%, l'un des plus élevés dans le monde bancaire en Europe. Une situation dont s'est réjoui Michel Lucas qui présidait pour la première fois cette assemblée générale après le retrait, à l'automne dernier, d'Etienne Pflimlin auquel il a rendu hommage. Le tandem Pflimlin-Lucas aura tenu un quart de siècle, désormais place au duo Lucas-Fradin. Pas de rupture visible, mais un changement de style et une volonté d'accélérer à l'international. Ces dernières années déjà, le groupe avait multiplié les acquisitions et les prises de participation : en Italie, en Belgique, au Luxembourg où il est devenu le troisième banquier du Grand Duché, en Allemagne avec CityBank Deutschland rebaptisée Targo Bank, en Espagne avec la Banco Popular Espanol et la filiale commune qui compte déjà 123 agences, ou encore en Suisse.

Des emplettes complétées avec Cofidis, l'un des leaders européens du crédit à la consommation et dont toute l'informatique sera gérée par Euro Information, la filiale informatique du groupe. Même chose pour Targo Bank, a révélé Alain Fradin : «après deux ans de transition, nous passons à l'attaque, nous allons diffuser via les 330 agences de cette banque les fonds de CIC Asset Management, les fonds que nous développons au Luxembourg et une tranche de plusieurs millions d'euros de l'emprunt BFCM à 4% que nous lançons». Peu à peu, des synergies se mettent en place et les pièces du puzzle d'une stratégie internationale parfois mal comprise au départ commencent à s'emboîter. En Espagne, Alain Fradin affiche ainsi clairement l'intention de son groupe de participer, en tandem avec son partenaire Banco Popular, à la recomposition du paysage bancaire et se dit prêt à saisir des opportunités, le cas échéant.

Elargir ses bases domestiques

Sur l'autre rive de la Méditerrannée, même scénario: le Crédit Mutuel détient déjà 25% de la Banque marocaine du commerce extérieur, la troisième du pays, il est présent sur les métiers de l'assurance et désormais dans l'informatique et la monétique, avec Eurafric Informatique, une sorte de clone d'Euro Information. A court terme, une alliance stratégique également est évoquée avec le mouvement Desjardins, premier groupe financier coopératif du Canada, dont la présidente Monique Leroux était d'ailleurs l'invitée d'honneur de l'assemblée générale. Pour autant, cette vaste ouverture à l'international conduite par les équipes de Michel Lucas n'empêche pas le puissant pôle strasbourgeois du Crédit Mutuel de continuer d'accueillir au sein de sa caisse fédérale de nouvelles fédérations. Après les cinq qui y ont adhéré cette année, les pourparlers sont bien avancés avec le groupe d'Anjou. Déjà , le poids de cette caisse commune représente quelque 80% du Crédit Mutuel français, avec 6,2 millions de clients et près de 2.000 points de vente.

 

Source : Les Echos.fr, 29/05/2011