Le Crédit du Nord compte sur le potentiel de synergies de la SMC

21-06-2010
En déboursant 872 millions d'euros pour la Société marseillaise de crédit (SMC), la Société Générale et le Crédit du Nord (CdN), conseillés par Citigroup, paient un prix jugé «cher» par plusieurs analystes. Il valorise l'agence SMC à 6 millions, et la banque à 22,5 fois son résultat net et 3,3 fois ses fonds propres, sur une base 2009 faible. L'opération sera financée pour partie par le Crédit du Nord, et via une augmentation de capital souscrite par sa maison mère. «Ce sera environ du 50/50», indique une source interne.
La valorisation de 836 millions d'euros retenue cette année pour la SMC à l'occasion de l'élargissement du périmètre de BPCE, était déjà supérieure à celle de 554 à 588 millions calculée par la banque conseil Rothschild. Une évaluation fondée sur un plan d'affaires 2008-2013 très raisonnable: la SMC visait une croissance de produit net bancaire de 3% en moyenne sur la période, et de 6% du résultat brut d'exploitation.
«Le prix prend bien sûr en compte un certain nombre de synergies de revenus et de coûts, explique Vincent Taupin, directeur général du CdN. La SMC est une très belle banque, avec un bon portefeuille de crédit, implantée dans une région où le Crédit du Nord n'avait pas de banque régionaleElle affiche aussi un ratio de prêts sur dépôts intéressant de 85%, inférieur au nôtre». Le CdN avait déjà lorgné la SMC en 2008 et surtout en 1998.
Le potentiel est là: sous l'ombrelle HSBC, puis sous celles des Banques Populaires et de BPCE, la «Marseillaise» a vécu de manière autonome, avec ses propres systèmes. Et malgré un gain net de 19.000 clients (à 194.000) l'an dernier, l'établissement provençal voit son PNB diminuer régulièrement depuis 2006, de 210 à 194 millions.
Les agences Crédit du Nord dans la région passeront sous l'enseigne SMC. «Nous nous donnons dix-huit mois pour basculer la SMC sur le système informatique du Crédit du Nord», souligne Vincent Taupin, alors que le bouclage de l'opération est prévu à la rentrée. L'acquéreur compte aussi sur les départs liés à la pyramide des âges: plus de 300 salariés, sur les 1.400 de la SMC, sont aujourd'hui âgés de 55 ans et plus.
Cette acquisition, si elle confirme les ambitions de la Société Générale dans la banque de détail en France, reste cependant modeste à l'échelle du groupe. «L'impact relutif sur le bénéfice par action la première année sera de moins de 1%», relève Exane BNP Paribas
Source : L'Agefi, 15/06/2010
 
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