Les banques européennes suppriment près de 100 000 emplois20-12-2011 |
L'année 2011 se révèle décidément saignante pour les banques européennes. Ce sont désormais 92.100 postes dont la suppression a été annoncée par les intermédiaires financiers du Vieux Continent depuis le début de l'année. Le mouvement s'est beaucoup accéléré depuis l'été avec l'aggravation de la crise de la zone euro. Mais ces réductions d'effectifs s'inscrivent aussi dans un mouvement plus structurel lié aux nouvelles contraintes réglementaires. En alourdissant le coût en fonds propres des activités de financement et d'investissement dès janvier prochain, les nouvelles normes prudentielles édictées par le comité de Bâle entament durablement la rentabilité des établissements bancaires et les conduisent à ajuster leur portefeuille d'activité. Résultat : des mesures d'allégement des bilans via des cessions d'actifs et des réductions d'effectifs. Des ajustements qui doivent tenir compte par ailleurs de difficultés plus conjoncturelles liées par exemple aux problèmes d'accès à la liquidité, notamment pour les financements en dollars. S'y ajoutent enfin un contexte macroéconomique morose et une instabilité boursière qui paralysent les activités de fusions et acquisitions. Total, les équipes de BFI sont particulièrement touchées. C'est HSBC qui avait donné le signal de l'accélération des plans d'économie, en annonçant début août la suppression de 10 % environ de ses effectifs, soit 30.000 postes, d'ici à 2013. La plupart des grandes banques continentales ont fait de même, dans des proportions variables. Côté français, BNP Paribas, Société Générale -où le chiffrage exact n'est cependant toujours pas connu mais devrait dépasser le millier-et désormais Crédit Agricole ont annoncé des suppressions de postes. Chez BNP Paribas, les 1.396 postes supprimés dans le monde concernent exclusivement les métiers de financement et d'investissement. Chez Crédit Agricole, ce sont trois emplois supprimés sur quatre qui proviennent de Cacib, les autres touchant les services financiers spécialisés (crédit consommation, affacturage et crédit bail), également gourmands en fonds propres et en liquidités. Les banques américaines n'échappent pas à la curée. Confrontées elles aussi à des conditions de marché peu favorables, aux incertitudes européennes, à un renforcement de la réglementation et à une contraction de leurs marges, elles ont annoncé près de 40.000 suppressions de postes au cours des derniers mois. Une saignée qui doit surtout à Bank of America qui prévoit de réduire ses effectifs de 30.000 sur 5 ans. Début décembre, Citigroup a annoncé pour sa part la suppression de 4.500 postes supplémentaires, soit 2 % de ses effectifs.
Source : lesechos.fr, 14/12/2011 |
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