Livret A : Bercy mécontente les banques15-12-2010 |
Un projet de décret organise la centralisation du livret A auprès de la Caisse des dépôts et réduit les commissions accordées aux réseaux collecteurs. La première, c'est que la commission qu'ils perçoivent au titre de la collecte des livrets réglementés devrait être ramenée de 0,6% à 0,5% en moyenne. Seconde mauvaise nouvelle: le taux de centralisation des fonds collectés à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) est porté progressivement à 70%, au plus tard en 2018. En fait, le projet garantit à la CDC une enveloppe en crois sance de 2% minimum par an. Au-dessus de 3% de croissance annuelle de la collecte, ce sont les distributeurs qui garderaient cette «surcollecte». «Ce sont autant de mécanismes qui accroissent les inégalités entre les distributeurs historiques, La Banque postale et les Caisses d'épargne, et les nouveaux qui se sont lancés en 2008», s'agace un banquier. Actuellement, la direction des fonds d'épargne de la CDC conserve en moyenne 65% des fonds du livret A et du LDD, grâce auxquels elle assure notamment le financement du logement social. Les banques, et en particulier les nouveaux distributeurs du livret A comme le Crédit agricole ou BNP Paribas, militaient pour un taux plus bas, proche de 50%. Guerre des dépôts En contrepartie des fonds qu'elles conservent dans leur bilan, les banques ont des «engagements de financement des PME qu'elles tiennent», a martelé vendredi François Pérol, président de la Fédération bancaire interrogé sur BFM Radio. Et le patron du groupe BPCE de contre-attaquer: «Le financement du logement social est assuré très largement par un taux de centralisation de 65%.» Augustin de Romanet, le directeur général de la CDC, avait fait valoir que seul un taux de 70% lui permettrait d'assurer la montée en charge des besoins de financement du logement social. François Pérol, en outre, insiste sur le fait qu'il y a une contradiction à retirer «des ressources stables et sûres» du bilan des banques au moment même où les autorités prudentielles renforcent les exigences de liquidités. Le sujet est d'autant plus crucial pour les banques hexagonales que les Français privilégient des placements qui échappent à leurs bilans, comme l'assurance-vie et les sicav monétaires. En fonction d'ailleurs des derniers arbitrages du Comité de Bâle sur les ratios de liquidité, les dépôts à vue pourraient devenir une denrée très précieuse. «Le risque de guerre des dépôts n'est pas nul», reconnaît Jean-François Samarcelli, directeur général délégué de la Société générale. En Espagne, les banques se livrent à une compétition farouche en termes de rendements sur les supercuentas.
Source : Le Figaro.fr, 03/12/2010 |
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