Jean-Yves Hocher, directeur général délégué de Crédit Agricole SA et directeur général de Crédit Agricole CIB, commente l'accord avec Citics. L'Agefi : Fin 2010, vos négociations avec Citics portaient sur des apports de chacun pour créer une plate-forme à 50/50. Aujourd'hui, vous cédez un cinquième de votre activité de courtage. Peut-on encore parler de partenariat?
Jean-Yves Hocher : Oui. Le seul aspect qui a vraiment changé, c'est la répartition du capital. Le projet est le même. Créer un courtier d'envergure mondiale pour répondre à la demande globalisée des clients. Il fallait un capitaine pour le piloter. Ce sera CA CIB qui apporte Cheuvreux, numéro sept du courtage en Europe, et CLSA, numéro un en Asie, avec leurs dispositifs aux Etats-Unis. Citics est numéro un en Chine, avec 20 % de part de marché. Il assurera aussi un flux d'activité. Cet accord est créateur d'énergie cinétique, tant pour les courtiers que pour les métiers de banque d'investissement des deux actionnaires. A quoi ressemblera la nouvelle structure ? Sa création aura lieu après la clôture de l'opération. Les patrons des deux coutiers, Jonathan Slone pour CLSA et Jean-Claude Bassien pour Cheuvreux, vont concevoir leur projet. Il leur faudra quelques mois. Nous avions un raisonnement régional. Il nous faut désormais une recherche unique, avec une organisation géographique globale. Des synergies de coûts en découleront, mais il faudra aussi investir, notamment pour développer une position plus forte à Londres. Des synergies de revenus sont également probables : devenu global, notre courtage pourra entrer dans les listes de nouveaux gérants et répondre aux attentes des entreprises mondialisées. Que va-t-il se passer pour les autres métiers de CA CIB ? Notre entité «Equity capital market» bénéficiera de ce partenariat, en particulier en Europe et aux Etats Unis. Nous avons signé une clause générale de collaboration avec notre partenaire chinois. Ceci renforcera le projet du groupe Crédit Agricole pour ses métiers de banque de financement et d'investissement. Le travail de recentrage de CA CIB autour d'une offre de produits et de services compatibles avec le profil de risque choisi porte déjà ses fruits. Nous nous concentrons sur 700 entreprises prioritaires, 450 institutions financières et les financements structurés. Notre organisation est totalement orientée vers ces cibles. CA CIB est en bonne santé maintenant. Stabilisée, la banque sera fin prête d'ici au dernier trimestre, en suivant ces rails, pour développer notre offensive commerciale.
Source : L'Agefi.fr, 10/06/2011
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