Dans son dernier rapport annuel, la Commission bancaire appelle à la vigilance, notamment face aux risques de crédit et de refinancement. Le système bancaire français est sur la bonne voie, a estimé Christian Noyer, le président de l'ex-Commission bancaire (aujourd'hui fondue dans l'Autorité de contrôle prudentiel), lors de la présentation de son rapport annuel. Les résultats et la solvabilité des cinq principaux établissements français se sont en effet redressés en 2009. Leur produit net bancaire (PNB) cumulé a progressé de 25% par rapport à 2008, tandis que leur résultat net a quasiment doublé. Cette croissance tient particulièrement aux pôles de banque de financement et d'investissement (BFI), dont le PNB global a bondi de 153% grâce au redressement des marchés, alors que celui des activités de détail progressait de 18%. La gestion d'actifs fait plus pâle figure (+0,1%). Enfin, la solvabilité du secteur a continué à s'améliorer: le ratio de fonds propres réglementaire tier one atteint 10,2% au 31 décembre 2009, contre 8,7% un an plus tôt et 8% fin 2008. Christian Noyer, également gouverneur de la Banque de France, appelle néanmoins les établissements à une «vigilance renforcée» en 2010. En effet, le coût du risque a progressé de 55% l'année dernière, tant dans les activités de détail qu'en BFI. «Si la reprise est là, elle reste fragile et lente. Or, l'amélioration du risque de crédit passe [...] par une activité économique soutenue, à même de ralentir la progression des défaillances». Dans ce contexte, le président pointe de «nouvelles vulnérabilités»: les concours à des contreparties dans des zones plus fragiles; les incertitudes sur l'évolution des marchés dont sont issus certains actifs titrisés, comme l'immobilier américain ou la dette des ménages et des entreprises britanniques; les conditions de marché moins favorables. Enfin, allusion au cas grec et aux craintes concernant l'Europe du Sud, Christian Noyer a souligné les risques que fait courir l'importance des déficits publics. Même si l'exposition des établissements français à la Grèce n'est pas une source d'inquiétude, l'ACP «suivra avec attention» les effets de la situation sur les taux longs, alors que les banques vont devoir procéder à partir de 2012 au renouvellement d'une partie importante de leur passif à long terme. Parmi les autres sujets évoqués, Christian Noyer a indirectement relativisé l'importance d'une taxe bancaire, dont le projet est discuté par les principaux gouvernements européens. Source : Antoine Landrot, L'Agefi, 12/04/2010 |