Les tarifs continuent de reculer dans la banque de détail en France

08-02-2010

Les tarifs continuent de reculer dans la banque de détail en France
Les banques tarifent-elles à la tête du client? On est en droit de le penser à la lumière de l'enquête annuelle réalisée par l'association de consommateurs CLCV et le mensuel Mieux Vivre Votre Argent, sur plus de 15.000 lignes tarifaires en vigueur au 1er février 2010. Alors que l'enquête précédente avait été l'occasion de fustiger les packages, la nouvelle fournée souligne les écarts importants entre les établissements.


Cette réflexion part néanmoins d'un constat positif: en moyenne, les prix continuent de chuter cette année. Pour 2010, les tarifs à la carte ont reculé en moyenne de 5,31% par rapport à 2009, soit 41 des 57 opérations prises en compte. «Nous nourrissions une réelle inquiétude cette année que les banques cherchent à compenser le coût de la crise par des hausses tarifaires dans le réseau», raconte Reine Claude Mader, présidente de la CLCV. Il faut croire que les bénéfices amassés en 2009 sur les marchés de crédit leur en ont fait passer l'envie.


Cela dit, le marché français se caractérise par des situations très inégales selon les réseaux, mais aussi les caisses au sein d'un même réseau mutualiste. Pour le profil «petit consommateur», cet écart représente 221% pour un même panier de services (facturés entre 41 et 132 euros). Il est de 140% pour le «couple actif» et de 68% pour le «couple boursicoteur». Un phénomène que l'association explique par la volonté de sélection de la part de certains établissements.


Parmi les dix banques les moins chères (tous contrats confondus), on compte neuf caisses mutualistes, dont huit du Crédit Agricole. En revanche, les plus chères sont à 90% des établissements d'Outremer.
Sur les 16 opérations dont le tarif a augmenté, l'association dénonce par exemple la volonté des établissements de faire passer à terme ses clients à la carte «Premier» en augmentant le tarif de la carte bancaire internationale. Sur les incidents de paiement, 90% des banques se sont alignés sur le plafond.
Mais le rapport pointe surtout les droits de garde sur les fonds de placement, qui augmentent de 5,36%, soit la plus forte progression parmi les services étudiés. Les clients ayant limité leurs transactions boursières en raison de la baisse des marchés, les banques n'ont pas alourdi les frais de courtage (qui ponctionnent les flux) et se sont reportées vers les droits de garde (calculés annuellement sur les portefeuilles en détention).

Source : Antoine Landrot, L'Agefi, 01/02/2010