Pain sec pour tout le monde à l'AG de la Société Générale31-05-2010 |
Ambiance bon enfant dans l'amphithéâtre de la Grande Arche à la Défense où s'est tenue l'assemblée générale de la Société Générale en fin d'après midi. Plusieurs centaines d'actionnaires s'étaient déplacés même si la salle était loin d'être comble. Sur l'estrade, Frédéric Oudéa, le P-DG depuis un an, s'est lancé dans vaste cours magistral, très pédagogique sur les métiers et la stratégie de la banque. Très décontracté, il n'a pas hésité d'ailleurs à quitter son siège pour déambuler sur la tribune. 2009? "L'année du tournant pour la banque dont les résultats ont péniblement atteint 700 millions d'euros." 2010? "L'année du rebond puisque sur le seul premier trimestre, la Société Générale a déjà dégagé 1 milliard d'euros. Et en rythme de croisière, après le reprofilage des activités, les revenus récurrents devraient atteindre 2 milliards par trimestre, soit 8 huit milliards par an", a-t-il expliqué face à un auditoire légèrement sceptique. Il est vrai que côté timing, avec un cours de Bourse tombé à 33 euros le jour même, les actionnaires avaient du mal à y croire. Oudéa les rassure: "nous sommes pénalisés par un contexte conjoncturel difficile de crise européenne, auquel s'ajoute l'absence de visibilité liée aux modifications réglementaires en cours." C'est bien connu, les investisseurs détestent l'incertitude, et tant qu'ils ne sauront pas à quelle sauce les financières seront mangées, ils vont se détourner de ces valeurs. Surtout, ils savent que les niveaux de rentabilité des années avant crise ne se retrouveront plus. Pendant près de trois heures, les différents dirigeants, les trois directeurs généraux délégués, mais aussi Anthony Wyand, le vice-président du conseil d'administration ainsi que Jean Martin Folz, le Monsieur bonne gouvernance du conseil, ont ainsi "délivré" la bonne parole, provoquant à la longue une certaine lassitude de l'auditoire. Ce n'est donc qu'après 19 heures que la salle a eu droit à la parole. Très attendue, l'intervention de Denis Branche. Soutenu par la représentante d'Hermès, le fonds de pension de British Telecom, le gestionnaire de PhiTrust avait demandé l'inscription d'une résolution demandant une gouvernance bicéphale qui lui a été refusée. L'échange a vite tourné au dialogue de sourds, chacun campant sur ses positions. Beaucoup d'inquiétudes aussi sur la bad bank, la structure gérant 35 milliards d'euros d'actifs toxiques. "Sachant que la capitalisation boursière est de 32 milliards, qui va finalement payer l'ardoise? Les actionnaires bien sûr", s'indigne l'un d'entre eux, vivement applaudi par la salle. Autre motif de mécontentement: le dividende: "25 centimes d'euros, une misère", déplore un intervenant. Si les échanges restent courtois, la sanction, cinglante, tombe pourtant lors du vote des résolutions. Les plus mauvais scores seront en effet atteints par celles proposant l'approbation des engagements de retraites des ex-dirigeants Daniel Bouton, Philippe Citerne et Didier Alix, avec 55% seulement de voix favorables. Pire: avec seulement 50,8% de votes favorables, contre plus de 75% un an plus tôt, la résolution portant sur l'octroi d'indemnités de départ de Frédéric Oudéa a battu le record d'impopularité. Au pain sec, le P-DG, comme l'ont été les actionnaires ! Source : Challenges.fr, Sylvie Hattemer-Lefèvre, 26/05/2010
|
- Crédit Agricole : 1 300 clients en un an pour TooKam
Lancée il y a un an par le Crédit Agricole Pyrénées Gascogne, l'agence bancaire sur internet TooKam … - BPCE mise sur la croissance de ses réseaux de banque de détail
"Le groupe est toujours très engagé dans le financement de l'économie qui est son métier de base", a… - Crédit consommation : Société Générale lance le premier contrat dématérialisé
D'ici fin juin 2012, Franfinance, filiale de crédit à la consommation de la Société Générale, va dép… - Barclays cherche à vendre sa banque de détail en France
Près d'un siècle après son installation en France en 1917, Barclays souhaite jeter l'éponge. Selon n… - Voir toutes les actus
