Pilote de projet, un métier d'avenir12-03-2010 |
La mise en place de programmes d'envergure comme Bâle 2 a révélé la nécessité d'instaurer une fonction de supervision de projets. Trois lettres pour désigner une activité toute nouvelle au sein des banques : le PMO ou project management office (bureau de gestion de projet). « Un responsable PMO élabore, gère et consolide les plannings des projets dont il a la charge, puis analyse différents indicateurs pour lesquels il propose des actions de gestion des budgets et des charges », dépeint Jean-François Gauthier, président de la société de conseilAedian. Née au milieu des années 2000, la fonction a été mise en exergue à l'occasion de programmes d'envergure comme Bâle 2 ou Sepa (Single Euro Payments Area), au cours desquels il est apparu qu'un chaînon manquait entre le chef de projet et ses différentes ressources. Et ce notamment pour structurer et assurer le suivi des investissements financiers. Car le PMO n'a pas la responsabilité d'un seul programme mais assure le pilotage d'un portefeuille de projets dont le budget moyen tourne, pour chacun, autour d'un million d'euros. Ainsi, c'est une « tour de contrôle » dont la tâche est de créer de la visibilité sur des programmes à dominante informatique qui peuvent aussi être organisationnels ou marketing. Consultant chez Alten, Jean-Sébastien Cariot achève une mission de pilotage à la Banque de France. Il insiste sur l'évolution du métier au sein des banques : « Le besoin de certifications ISO et celui de s'assurer des ‘process' qui deviennent indispensables en bancassurance ont poussé au développement de ces profils. » PMO consultant chez Aedian, Alain Soulié explique son choix de carrière : « Ce métier offre un panel d'activités qui correspondaient bien à mon profil avec, d'une part, l'analyse des données comme le suivi de budget ou des délais et, d'autre part, la communication avec les parties prenantes du projet. » Si les effectifs de PMO restent encore faibles dans les établissements financiers, une étude d' Aedian publiée en 2009* parie sur leur multiplication par six dans les prochaines années. A l'instar d'Alain Soulié, actuellement en mission dans un groupe de bancassurance, la plupart des PMO sont des prestataires. Aujourd'hui, seuls 16 % de ces professionnels sont internalisés dans les grands établissements. Benjamine Felgines Micheron est l'une des premières professionnelles à apparaître en tant que PMO dans l'organigramme d'une banque. En l'occurrence, celui de BNP Paribas depuis 2007. Elle admet néanmoins quelques difficultés de positionnement : « L'enjeu du PMO est de trouver sa place au sein de l'organisation car pour les chefs de projet, cette nouvelle fonction est un peu anxiogène et nous devons leur expliquer que nous n'allons pas leur enlever leurs prérogatives mais, au contraire, leur apporter assistance et support ! » Source : L'Agefi, Véronique Pierron,04/03/2010 |
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